Jeudi 9 juillet 2009
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15:28
J'ai des odeurs de Brocéliande
Qui captivent mes sens!
Merlin et sa Viviane
M'ont convié gentiment.
J'ai pu un jour percer
La clé de ce mystère,
Le château de cristal
Caché aux indigents.
Il fallait encore croire
Aux doux secrets des fées
Pour en voir le reflet
Briller en son étang.
Je les ai vus danser,
Les petits Korrigans
M'invitant à les suivre
Au plein coeur de la lande.
De leurs rires joyeux
Et combien inquiétants
Au son d'une musique
Ils envoûtaient mes sens.
Je les ai vus cyniques
Devant mon désarroi
Quand j'ai compris bien vite
Qu'ils m'emprisonnaient là!
Puis j'ai croisé Morgane
Qui m'a dit le secret
Des hommes infidèles,
Prisonniers en son val.
Je les ais vus tourner,
Tous ces preux chevaliers
Ne sachant où aller
Mais n'abandonnant pas.
En leur quête intrépide,
Ils ne connaissaient pas
Le piège que leur guide
Leur avait tendu là!
Brocéliande ondoyante
De toutes ses légendes
M'a donné des saveurs
De retour en enfance.
En son miroir aux fées
J'ai redonné naissance
A la petite fille
Cachée au fond de moi.
Et quand un jour, la femme
Ira se reposer
Elle prendra en linceul
Cette belle forêt
Rejoignant l'autre monde
Sans nulle autre pensée
Que de vouloir un jour
En percer les secrets.
Corinne Sabellico
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Jeudi 9 juillet 2009
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15:20
Le mistral a soufflé sur le vent de mes pensées.
Je m'éloigne de cette terre aux embruns parfumés de souvenirs.
Plus jamais de douces vagues, mais éloignées les tempêtes.
Je navigue en d'autres lieux,
Asséchée par ce vent du sud.
Esseulée comme ce chêne au plein coeur de la forêt.
Ses branches se sont brisées, dispersées dans la tourmente.
Je m'en vais me reposer à l'ombre des oliviers,
M'emplir d'autres paysages,
D'autres saveurs sucrées.
Me construire un autre futur.
Respirer la quiétude.
Me brûler la peau
Sans enflammer mon coeur.
Mon coeur, il reste ici avec ses trois rameaux.
Ils poussent, ils sont solides.
Je les laisse à ce roc
Qui m'a tant fait souffrir.
Je leur offre la paix
En préférant l'exil.
Corinne Sabellico
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Jeudi 9 juillet 2009
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15:14
Mon compagnon est solitude;
Parfois il m'envahit de sa sollicitude,
Moments calmes choisis et repos de mon âme.
Certains jours, il m'oppresse, me remet en faiblesse.
Compagnon de mes jours, compagnons de mes nuits,
C'est moi qui l'ai choisi; il ne fait pas de bruit,
Nul éclat en ses mots.
Parfois il me regarde et verse une larme,
Me jetant à la face la femme que j'étais.
Il me voit là perchée au fond de ma tanière,
Quelquefois si sereine...
Et, quand dans mes yeux bleus,
Il voit ma nostalgie de cette vie oubliée,
Il me redit bien vite qu'il me faut avancer.
C'est un amant fidèle, il est toujours présent.
Parfois quand je m'endors, il me serre contre lui,
Me disant que les larmes que je verse en silence
Sont encore la preuve que je suis bien vivante.
Corinne Sabellico
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Lundi 6 juillet 2009
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23:03
Enfant blond et discret
Arrogant et lointain en son profond silence
Tapait des jours entiers dans son ballon.
"Le pied!"
Narguant sa solitude
Au nez de ce tumulte
En sa prison dorée
Le cri de ce ballon me montait à la tête
Comme pour me dire:"Maman
Vois-tu que je m'ennuie
Tout est beau
Tout est grand
Enfant envié je suis
Ici est mon palais
Mais je n'y ai nul ami
Pour combler mon ennui
Et partager ma vie
Maman, entends ce cri
Car c'est lui qui le dit
Ballon est mon ami
Mais il ne me suffit."
Corinne Sabellico
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Lundi 6 juillet 2009
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22:57
Vous parler de la mère
Sans faire un mélodrame
Vous parler de la femme
Je n'en ai nul courage
Je vis de tout ce vide
Qu'est devenue ma vie
Une mère sans entrailles
Une femme sans bataille
Je survis à mes drames
Je survis à la trame
De cette vie sans âme
Je ne vis plus d'espoir
Je ne vis plus de rien
Je cache mon désespoir
Au plus profond de moi
Puisque je ne suis plus rien
Rien qu'un fétu de paille.
Corinne Sabellico
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